La semaine dernière, j'ai participé à un séminaire en Croatie centré sur les innovations. J'en aurais presque regretté que le sujet soit si intéressant (j'aurais aimé découvrir la petite Havane et d'autres quartiers mythiques). Cependant, j'aurais vraiment regretté de m'être éclipsé, car les interventions, une fois n'est pas coutume, étaient captivantes. L'une d'entre elles m'a tout particulièrement marqué : elle a en effet mis en évidence combien les innovations sont mal perçues, et surtout, pourquoi. Les innovations encouragent presque toujours des tremblements économiques. Cette double facette du progrès peut être appréhendée avec un objet tout simple en apparence : le smartphone. Cet appareil mélange téléphone, discothèque, appareil photo et ordinateur. Le smartphone prend moins de place, propose de meilleures performances, ne requiert pas autant d'assemblage et réclame moins de matières premières que tous ces appareils. Il a donc été une vraie catastrophe pour bon nombre d’entreprises : producteurs de disques vinyles et de CD, agences postales, fabricants de polaroid ou de calculatrices et j'en passe. Le smartphone a été un fléau sans précédent pour de nombreux secteurs de l'industrie. Toutefois, en supprimant tous ces appareils, il nous a permis de gagner en confort de vie. C'est là tout le paradoxe de l'innovation. Les innovations procurent une amélioration du niveau de vie mais confrontent également les industries à des écueils, conduisent à leur dégringolade ou même leur mort. L’augmentation de la richesse n’est identifiable qu’à long terme ; mais à court terme, ce sont avant tout les conséquences néfastes qui priment, avec ces employés qui perdent leur emploi face à la nouvelle concurrence. Nous avons tous des exemples en tête : entreprises d'ameublement qui disparaissent suite à l'essor d'un fameux fabricant de meubles suédois ; petits commerces qui jettent l'éponge après l'introduction des hypermarchés. Et ceux qui perdent cette lutte concurrentielle ne manquent pas de se faire entendre, fustigeant l'innovation en général, et celle-ci en particulier. Voilà pourquoi le progrès, en dépit de son utilité indubitable, est au départ perçu comme une régression. Il faut pourtant se souvenir des effets positifs : l'avènement de l'innovation amène assurément à ce que des métiers deviennent inutiles et à ce que des salariés soit privés de leur gagne-pain ; mais selon la même logique, l'innovation engendre tout autant (voire plus) de nouveaux emplois. Ce séminaire en Croatie m'a procuré une nouvelle perspective sur l'actualité, bien moins pessimiste qu'auparavant. Suivez le lien pour obtenir le contact de l’organisateur de ce séminaire en Croatie.

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