L'Europe est à mon sens un doux rêve. Ou plutôt, un douloureux rêve. Récemment, j'ai suivi un séminaire à Biarritz où j'ai parlé de la situation européenne avec des participants italiens. Et je me suis aperçu que tout du long de la discussion, pas mal d'entre eux ne parvenaient pas à comprendre la crise que traverse l'Europe. Pourtant, la raison en est assez simple, au fond : cet effondrement était évident dès la création de l'Europe. A l'époque, le projet d’une monnaie unique par dix-sept pays est passée pour une réelle union monétaire. Mais une union de ce type requiert pour bien fonctionner une parfaite union politique, et pas mal d'efforts supplémentaires sont clairement à faire en ce sens (si l'on veut que le projet fonctionne un jour). Evidemment, cette « symbiose » n’était pas jouable à cette époque. On a donc opté pour une bâtisse tout aussi grande sans prendre le temps de consolider les fondations. De fait, aujourd’hui, le château se délabre et présente de nombreux dysfonctionnements. A mon sens, c’est clairement l'établissement de cette fédération européenne qui nous coûte aujourd’hui de l’argent et beaucoup, beaucoup de temps. La faute à l'euro, qui a été conçu prématurément. Les dirigeants européens des années 90 ont pris la chute du Rideau de fer comme prétexte pour accroître l'intégration de l'Europe. Mais comme l'édification d’un véritable bloc politique européen était encore une étape impossible, on a établi une monnaie unique. Je me souviens qu'un pays comme l'Allemagne était farouchement opposé à cette mesure. Berlin préférait l'idée de couronnement , voulant qu'une monnaie telle que l'euro vienne parachever la fusion politique de l'Europe plutôt que de la devancer. Cependant, dans le débat concernant l’organisation de l’Europe, le point de vue allemand n’a pas été écouté. A tort, à mon avis. Les autres pays européens jugeaient que la mise en oeuvre d’une union politique prendrait des années (ce qui est vrai), quand l’injection d'une monnaie commune constituait une victoire immédiate pouvant se réaliser immédiatement. Ce qui est vrai, mais avec les conséquences que l'on sait et qui nous poursuivront longtemps encore. Je terminerai ce billet en disant un mot sur ce séminaire. Ceux dans lesquels on m'envoie sont globalement les mêmes, mais j'ai été plutôt frappé par l'organisation de ce dernier. Je vous mets le lien vers l'agence qui s'en est occupée, pour ceux qui seraient intéressés. Davantage d'information est disponible sur le site de l'agence de voyage de ce séminaire à Biarritz. Cliquez sur le lien.