L’année dernière en Ouzbékistan, le chef de l’État a publiquement demandé en août que les charges retenues contre les personnes détenues pour détention de documents religieux ou « extrémistes » interdits soient réexaminées. Il a aussi appelé à la « réhabilitation » des personnes qui regrettaient d’avoir adhéré à des mouvements islamiques non reconnus officiellement. Les autorités ont également annoncé qu’elles avaient supprimé plus de 15 000 des quelque 18 000 noms figurant sur la « liste noire » des personnes soupçonnées d’appartenir à des mouvements ou groupes religieux interdits ou non reconnus. Les forces de sécurité ont cependant continué d’arrêter des dizaines de personnes accusées d’être membres de groupes « extrémistes » interdits, y compris des travailleurs migrants de retour de l’étranger. Selon des proches et des défenseurs des droits humains, la police et le SSN auraient torturé de nombreuses personnes accusées d’appartenance à des mouvements illégaux, pour les obliger à « avouer » des crimes qu’elles n’avaient pas commis. Les juges continueraient d’ignorer les allégations de torture crédibles, même en présence de traces de mauvais traitements visibles lors des audiences, et ils considéreraient toujours comme recevables des déclarations manifestement obtenues sous la torture. Le rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur la liberté de religion ou de conviction s’est rendu en octobre en Ouzbékistan, sur l’invitation des autorités. C’était la première fois depuis 2002 qu’un représentant des procédures spéciales de l’ONU était autorisé à venir en Ouzbékistan. Dans ses constatations préliminaires, il a noté que la pratique religieuse faisait l’objet d’une réglementation excessive, qui faisait passer la sécurité avant la liberté.