Si j'ai effectué bon nombre d'activités insolites au fil du temps, l'une d'elles manquait pourtant à ma collection : expérimenter le vol en avion de chasse. Une faute que j'ai finalement corrigée samedi dernier. L'aventure s'est passée à l'aéroclub de Rennes. Je me suis présenté au matin, et on a commencé par une séance briefing : le moniteur m'a précisé le fonctionnement de l'appareil ainsi que les procédures de sécurité, puis j'ai enfilé mon uniforme de vol avant de me rendre sur la piste. C'est là que le Fouga patientait. Il a beau ne plus être tout jeune (sa conception date des fifties), cet appareil d'entraînement a servi à l'armée jusque dans les années 90, et notamment à la Patrouille de France : c'est dire si c'est un bon appareil ! La peur au ventre, j'ai sauté dans le cockpit et me suis attaché à mon siège. Après toute une batterie de check-lists, on est partis. Je pensais être plaqué contre mon siège, mais l'accélération est en réalité linéaire. Une petite déception à cet égard, surtotu que nous avons commencé par un vol découverte. Toute la première partie de l'expérience s'est donc révélée plutôt inoffensive. Mais enfin le pilote m'a informé qu'on allait engager la voltige. Là, je me suis redressé sur mon siège (enfin, dans la mesure où c'était possible, avec des harnais aussi fermement attachés). On a commencé par un tonneau à gauche, puis un autre à droite, histoire de nous donner un avant-goût. Curieuse sensation que celle de sentir son corps plaqué contre le siège par une force invisible. On a enchaîné illico par une série de boucles. La pression m'a de nouveau plaqué à mon siège, et j'ai senti mon champ de vision rétrécir. Je me suis contracté pour éviter le black-out. Le pilote m'a demandé si j'étais d'attaque pour continuer : et comment, que je l'étais ! Les manœuvres se sont alors enchaînées à toute vitesse : virages, passage sur le dos, looping. Une horreur. Un régal. Un pur moment de terreur et de bonheur. Nous avions à peine achevé une acrobatie qu'une autre suivait, encore plus violente. Durant les rares moments de détente entre les enchaînements, j'essayais de retrouver mes repères, mais tout allait tout simplement trop vite. Le pilote me demandait souvent si j'étais encore conscient, et je répondais par l'affirmative d'un air que je voulais assuré. Mais à bien y réfléchir, cela devait plutôt ressembler à des piaillements de souris ou des couinements d'ado prépubère ! Et je suis content de ne pas avoir pris la vidéo en option, parce que ce fait d'arme aurait paru nettement moins glorieux si quelqu'un d'autre (autre que le pilote) avait entendu ces couinements ô combien peu virils ! Retrouvez toutes les infos sur cette activité de baptême en avion de chasse en suivant le lien.

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